Mines Magic 3D

12 Nov 2026 - 27 Feb 2027 ● Exposition photographie




MINES MAGIC 3D – Bicentenaire de la photographie : de la stéréoscopie aux images 3D numériques est une exposition-parcours consacrée à une aventure visuelle fascinante : le désir de donner du volume à la photographie.

 Présentée à l’occasion du bicentenaire de la photographie en France, l’exposition réunit l’Institut des Transformations Numériques de Mines Paris – PSL, dans le cadre du projet de recherche ATIPICC (Avenir des Technologies Immersives pour les ICC) de l’université Paris Sciences & Lettres, la Bibliothèque de l’École des Mines de Paris, la Brian May Archive of Stereoscopy de Londres et la Bibliothèque de l’École nationale des chartes – PSL, avec le concours de plusieurs partenaires scientifiques, patrimoniaux et techniques. Conçu par Mark Blezinger et Denis Pellerin, le parcours traverse les bâtiments de Mines Paris – PSL en une suite de stations thématiques, comme une exploration grandeur nature de la vision en relief entre Art et science.

A l’École nationale des chartes, en prolongement du parcours de découverte aux Mines, le visiteur découvre, stéréoscope à la main, des mises en scène photographiques de grands ouvrages de la littérature.   L’histoire commence avant même la photographie. Dès les années 1830, Charles Wheatstone démontre que nos deux yeux perçoivent deux images légèrement différentes que le cerveau fusionne pour produire la sensation du volume. Avec l’arrivée de la photographie, cette découverte devient un phénomène visuel majeur : dès 1850, les premiers stéréoscopes commercialisés en France par l’opticien Duboscq permettent au public de voir portraits, paysages, monuments, scènes de voyage et événements historiques avec la sensation de relief. Au début du XXe siècle se développe la photographie lenticulaire à base de réseaux optiques équipés de microlentilles, permettant une vision en relief sans lunettes, toujours dans un univers analogique utilisant plaques de verre, films, chimie, tirages … On retient les noms de Gabriel Lippmann (la photographie intégrale), Eugène Estanave, Maurice Bonnet (la Relièphographie) etc.  Puis arrive la révolution numérique dans les années 90 : la photogrammétrie et les scans numériques produisent des modèles 3D complet avec une qualité sans précédent que l’on peut explorer activement à travers de multiples dispositifs de visualisation comme les écrans autostéréoscopiques ou des casques de VR.
  
MINES MAGIC 3D fait revivre cette histoire à travers des objets, des images et des dispositifs qui invitent le visiteur à regarder autrement. Dans l’espace central, au Carreau, on peut apprendre et jouer avec notre vision binoculaire : vidéos explicatives avec stéréoscopes, scène de photo selfie, optiques pour expérimenter. Le parcours révèle notamment des trésors inconnus issus des archives de Mines Paris – PSL et de la Brian May Archive of Stereoscopy, l’une des plus vastes collections de photographies stéréoscopiques au monde.  Dans le grand escalier du bâtiment Vendôme, les visiteurs découvrent les sites géologiques peints au XIXe siècle par Claude Sébastien Hugard de la Tour en dialogue avec leurs équivalents stéréoscopiques historiques. Ces images peuvent être explorées sur une borne stéréoscopique, puis prolongées par une expérience immersive fondée sur un modèle 3D de l’escalier réalisé par les chercheurs de l’École grâce aux technologies actuelles de photogrammétrie. Face au grand panorama historique du Mont Blanc une petite image lenticulaire récente de Mark Blezinger met en scène la fonte de la mer des glaces, un sujet d’actualité, régulièrement traité par les chercheurs en géosciences et environnement de l’école des mines. Les images dialoguent aussi à travers le temps. Ainsi, chacune des stations thématiques entre en résonance avec un lieu, une mémoire ou un détail architectural. Les plaques commémoratives des anciens élèves morts au champ d’honneur rencontrent des vues stéréoscopiques des tranchées que nous avons trouvées dans les archives photographiques de Leprince-Ringuet, (directeur de l’École de 1936 à 1940), un fond photographique important inexploré jusqu’à présent. Les fossiles accrochés aux murs ouvrent vers des visions de dinosaures en 3D. Les couloirs, vitrines, escaliers, salles de lecture et espaces de passage deviennent les étapes d’un récit où patrimoine scientifique, histoire de la photographie et illusion optique se répondent. 

L’exposition révèle également plusieurs ensembles rarement montrés. Un ancien stéréoscope de table conservé dans les vitrines de la bibliothèque est accompagné de plaques autochromes de 1908 représentant l’École des Mines et l’un de ses professeurs explorant les catacombes. Un exemplaire du stéréo comparateur de Carl Pulfrich, développé en 1901, est également conservé dans la bibliothèque. Ce lointain ancêtre du Lidar permettait au moyen de plaques de verre stéréoscopiques d’effectuer des mesures précises dans les trois dimensions et a ainsi ouvert la voie à la photogrammétrie. Une salle spécialement scénographiée est consacrée aux Diableries, célèbres séries stéréoscopiques parisiennes du XIXe siècle, colorées à la main, dont les plaques et numérisations issues de l’archive londonienne trouvent ici un écho naturel dans une école historiquement liée aux mondes souterrains. 
Au cœur du parcours, les images lenticulaires de Maurice Bonnet occupent une place importante. Réalisées au XXe siècle, longtemps disparues après les travaux de rénovation de l’École, et retrouvées récemment, ces images permettent de percevoir le relief sans lunettes d’une série de vues en couleur représentant des minéraux. L’exposition permet de remettre ce patrimoine unique en lumière, et de raconter l’histoire d’une invention qui prolonge la stéréoscopie tout en la transformant.  Enfin, MINES MAGIC 3D montre que l’histoire de la photographie en relief ne s’arrête pas au XIXe ou au XXe siècle. Les dispositifs auto-stéréoscopiques contemporains, les écrans 3D sans lunettes d’Alioscopy, la photogrammétrie, les technologies de Gaussian et Ray-splatting ouvrent aujourd’hui de nouvelles possibilités pour la valorisation du patrimoine, la recherche scientifique et la création artistique. Le visiteur passe ainsi des plaques de verre aux images numériques, du stéréoscope de salon à l’hologramme et aux écrans haute précision, des archives historiques aux expérimentations les plus actuelles. 

À la fois exposition historique, parcours architectural et expérience sensorielle, MINES MAGIC 3D s’adresse à tous les publics : amateurs de photographie, curieux de sciences, passionnés de patrimoine, familles, étudiants, visiteurs attirés par les illusions et les technologies de l’image. On y découvre que la 3D n’est pas une invention récente, mais une fascination ancienne et toujours vivante, une porte ouverte sur « les lucarnes de l’infini » pour citer Baudelaire… 

Brigitte d'Andréa-Novel, Mark Blezinger, Denis Pellerin